L’enfant de 3 ans qu’on oblige à faire la bise à la tante qu’il ne veut pas embrasser. Celui qu’on dit « timide » quand il refuse le câlin d’un inconnu. Celui à qui on explique que les adultes, ça s’écoute, toujours.
Ces situations semblent anodines. Elles ne le sont pas.
Ce qu’on enseigne sans le savoir à un enfant qui doit toujours obéir aux adultes, c’est qu’il n’a pas vraiment le droit sur son propre corps. Et c’est précisément cette croyance que les abuseurs exploitent.
L’EVAR — l’éducation à la vie affective et relationnelle — ne parle pas de sexualité aux enfants de maternelle. Elle leur apprend quelque chose de bien plus fondamental : leur corps leur appartient, leurs ressentis comptent, et ils ont le droit de dire non.
L’EVAR, ce n’est pas ce que vous croyez
Le mot « éducation à la sexualité » fait peur. Il évoque ce qu’il ne devrait pas : des contenus inadaptés, une intrusion dans l’intimité familiale, quelque chose de trop tôt.
L’EVAR, c’est autre chose.
À la maternelle, il n’est pas question de sexualité. Le programme — encadré par le Code de l’éducation et renforcé depuis la rentrée 2025 — porte sur quatre piliers : les émotions, les relations, le respect du corps, et le consentement. Ce sont les bases du vivre ensemble, pas plus, pas moins.
Un enfant de petite section ne comprend pas le mot « consentement ». Mais il comprend très bien « j’ai pas envie » et « arrête s’il te plaît ». C’est de ça qu’il s’agit.
Pourquoi ça commence dès 3 ans
La plupart des abus sexuels sur enfants sont commis par des personnes connues de la famille ou de l’entourage. Des adultes en qui l’enfant — et ses parents — ont confiance.
Ce qui protège l’enfant dans ces situations, ce n’est pas la méfiance envers les adultes. C’est la capacité à identifier ce qu’il ressent, à mettre des mots dessus, et à oser le dire à un adulte de confiance.
Un enfant qui sait nommer ses parties intimes avec les bons mots (et non des euphémismes flous) peut décrire ce qui lui est arrivé. Un enfant qui a appris que son corps lui appartient peut signaler que quelque chose n’allait pas. Un enfant qui connaît la différence entre un secret et une surprise sait quand il doit parler.
Ces apprentissages ne s’improvisent pas. Ils se construisent, tôt, avec des supports adaptés.
Le programme EVARS 2025 : une obligation enfin structurée
L’éducation à la vie affective, relationnelle et sexuelle est inscrite dans le Code de l’éducation depuis la loi du 4 juillet 2001. Trois séances annuelles obligatoires par groupe d’âge, de la maternelle au lycée. Dans les textes.
Dans les faits, selon le Haut Conseil à l’Égalité, seulement 15 % des établissements respectaient cette obligation en 2021. Pas parce que les enseignants s’y opposaient — mais parce qu’aucun cadre national clair, aucun outil validé, aucun référent formé n’existait vraiment.
C’est ce que le programme EVARS 2025 change. Depuis la rentrée dernière, un parcours national unifié est en vigueur, publié au Bulletin officiel de l’Éducation nationale. Il prévoit un référent EVARS dans chaque établissement, une intégration transversale aux matières existantes (EMC, SVT, EPS), et une formation continue des personnels.
Pour la maternelle et l’école élémentaire, le programme reste centré sur la vie affective et relationnelle — pas la sexualité. Les apprentissages attendus portent sur la connaissance de soi, les émotions, l’égalité filles-garçons, la prévention des violences. Des objectifs clairs, des contenus définis — mais les outils pour y arriver, chaque établissement doit encore les trouver.
Ce que l’EVAR apprend concrètement en maternelle
Reconnaître et exprimer ses émotions
Avant même de parler de corps ou de limites, l’EVAR passe par les émotions. Un enfant qui sait identifier ce qu’il ressent — colère, peur, malaise, joie — dispose d’un système d’alerte interne. C’est la base.
Le Livret EVAR — 47 activités pédagogiques permet d’intégrer ces apprentissages au quotidien en classe, sans avoir à construire des séances complexes. 47 activités clés en main, progressives, conformes aux programmes officiels du Cycle 1.
Comprendre ses limites personnelles
Un enfant sait instinctivement quand quelque chose le met mal à l’aise. Ce qu’il ne sait pas toujours, c’est que ce ressenti est valide — et qu’il peut le dire.
Le Jeu de cartes « Identifier ses limites personnelles » aborde ce sujet par le jeu : des situations du quotidien, des questions ouvertes, un espace pour que l’enfant réfléchisse à ce qui lui convient ou non. Simple, ludique, accessible dès la maternelle.
Le consentement, en mots d’enfant
Le consentement à 4 ans, ça ressemble à : « Est-ce que tu veux qu’on joue ensemble ? » « Non merci. » « D’accord. »
Le coloriage pédagogique sur le consentement traduit ces notions en activités visuelles et accessibles : relations respectueuses, limites corporelles, respect de l’intimité. Dès 4 ans.
Connaître son corps avec les bons mots
Nommer les parties du corps avec précision — y compris les parties intimes — n’est pas un tabou. C’est une protection. Un enfant qui dit « mon pénis » ou « ma vulve » peut décrire ce qui se passe. Celui qui dit « mon zizi » ou « mon machin » laisse une zone floue qui complique tout. Des supports à télécharger existent gratuitement.
Le livre La Foufoune sexuelle Tome 1 aborde l’anatomie, le consentement et l’intimité sans tabou, dès 4 ans. De même, Le Petit Illustré de l’Intimité offre aux enfants un vocabulaire précis et déstigmatisé sur le corps masculin.
Comprendre les relations et les types d’amour
Les enfants baignent dans des représentations de l’amour romantique. L’EVAR élargit le champ : amour familial, amitié, amour de soi. Le Cahier d’activités sur les types d’amour — avec audio intégré — permet d’explorer ces notions dès 5 ans de façon concrète et engageante.
Pour les enseignants : des outils clés en main
Le programme EVARS 2025 fixe le cadre. Mais entre les objectifs officiels et une séance réussie avec 25 enfants de petite section, il y a un fossé. Ce qu’il faut, ce sont des supports qui fonctionnent vraiment en classe — et qui sécurisent l’enseignant autant qu’ils engagent les élèves.
Les Aventures de Luma répondent directement à ce besoin. Ces albums illustrés avec guide du maître EVAR sont conçus pour libérer la parole des enfants sur le consentement et l’égalité, avec un protocole pédagogique clé en main pour l’enseignant. Disponibles pour la Petite Section, la Moyenne Section et la Grande Section.
Pour aller plus loin, le Kit EVAR maternelle/primaire propose un livre de séances pédagogiques complètes pour animer l’EVAR en classe, de la maternelle au CM2.

Le rôle des parents : pas moins d’autorité, une autorité différente
Ce n’est pas un article contre l’autorité parentale. C’est un article pour une autorité plus solide.
Un parent qui dit à son enfant « tu n’es pas obligé de faire la bise si tu ne veux pas » ne perd pas son autorité. Il construit quelque chose de plus puissant : la confiance. L’enfant qui sait que ses limites sont respectées par ses parents est celui qui viendra parler à ses parents si quelqu’un ne les respecte pas.
L’EVAR en famille, ça ne nécessite pas de grands discours. Ça passe par des conversations à table, des livres lus ensemble, des questions auxquelles on répond simplement. Et parfois, par des supports qui facilitent ce dialogue quand les mots ne viennent pas.

Un enfant informé est un enfant plus protégé
L’ignorance ne protège pas les enfants. Elle les laisse seuls face à des situations qu’ils n’ont pas les mots pour décrire ni les outils pour traverser.
L’EVAR en maternelle, ce n’est pas de l’éducation sexuelle précoce. C’est donner à chaque enfant les fondations d’une relation saine à lui-même et aux autres : savoir ce qu’il ressent, connaître son corps, dire non quand il le faut, et savoir à qui en parler.
Ce n’est pas trop tôt. C’est exactement le bon moment.

Vous voulez faire poser des questions aux enfants qu’ils ne se posent pas,et qu’ils n’ont pas à connaître à cette âge,tout celà soit disant pour les protéger des attouchements,viols etc.
Cela n’ai qu’un prétexte pour les formater,et les orienter comme la mode voudrait le faire pour tout le monde.
Déconstruire leur identité et leur construction.
Ceux qui réfléchissent à cela sont soit woke ou soit complètement à côté de la plaque,soit les 2.
En faisant cela,il y aura de moins en moins de respect entre les garçons et les filles,de plus en plus de pédophiles,de plus en plus de viols , BRAVO
Vous avez tout compris 🙂
Bonjour. Je. ne comprends pas vt/ réponse à cette lectrice Mme Bravin pourriez vous développer ? Cordialement
Parce que nous ne partageons pas ce postulat. Ce type d’éducation en maternelle vise avant tout à nourrir les enfants d’une connaissance de leur être au sens émotionnel. Pour ainsi favoriser la relation à soi, la relation aux autres et ainsi encourager les relations saines et respectueuses. Il n’est pas question de leur parler de sexualité ! En revanche faire connaître à un enfant, ses droits notamment au niveau de son corps (consentement, partie intime) permet de le protéger d’agresseurs potentiels. Un enfant éduqué et conscient des limites, est un enfant plus protégé.
L’ignorance favorise la vulnérabilité.
Bravo vous avez Tout dit et vous êtes dans la VÉRITÉ VRAI.🤗❤️
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