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Le consentement expliqué aux enfants : respect du corps, intimité

Parler de consentement avec un enfant n’est jamais trop tôt. Dès le plus jeune âge, parfois avant même 5 ans, cette notion participe à l’éducation au respect, au droit et à la protection du corps. Dans notre société, apprendre le consentement, c’est aider les enfants à se sentir en confiance, à comprendre leurs choix et à construire des relations saines avec les autres.

Comprendre le consentement au quotidien

Le consentement signifie donner son accord librement, sans pression. Cela concerne des situations simples de la vie quotidienne : un bisou, un câlin, tenir la main, partager une chose, jouer ensemble à l’école ou à la maison.

Par exemple : un enfant peut refuser un câlin, même si la personne en face est un adulte ou quelqu’un qu’il connaît. À tout moment, il a le droit de dire non, ou de changer d’avis. Le consentement doit être respecté dans chaque situation.

Ce point est essentiel : le consentement n’est jamais obligatoire et peut être retiré à tout instant.

Le rôle des adultes, des parents et du réseau de confiance

Les parents, les enseignants et les professionnels ont un rôle clé. Ils accompagnent l’enfant en mettant des mots simples sur ce sujet, en répondant à chaque question, et en créant un climat de confiance. L’enfant doit savoir qu’il peut parler à un adulte s’il vit un cas qui le met mal à l’aise. Il est important pour l’enfant d’identifier les adultes de confiance sur lesquels il peut s’appuyer en cas de besoin (y compris ceux en dehors du cadre familial pour palier à toutes les situations de violences intrafamiliales).

Cette relation de confiance est indispensable pour prévenir les violences, notamment les violences sexuelles.

Par exemple : présentez votre main à l’enfant et dites lui que les 5 doigts de sa main sont toujours avec lui, il peut compter sur eux pour écrire, dessiner, ça fait parti de lui. Demandez lui pour chacun des doigts de la main d’identifier une personne en qui il a confiance pour aller se confier (s’il se sent triste, en colère, en difficultés) et qu’il sait qu’il sera entendu.

Corps, loi et protection des enfants

Il est important d’expliquer que, selon la loi, le consentement sexuel ne concerne pas les enfants : un enfant ne peut jamais être considéré comme responsable ou consentant dans une situation sexuelle. Cette règle protège leur intimité et leur sécurité.

Parler de sexualité de manière adaptée à l’âge permet d’éviter les confusions, de nommer les choses clairement, et d’aider l’enfant à reconnaître une situation inappropriée ou un rapport interdit.

Dès le plus jeune âge il est important que l’enfant sache nommer et identifier ses parties intimes. Un enfant informé est un enfant protégé, il a statistiquement plus de chance de faire fuir un prédateur sexuel.

Rappel de la loi autour du consentement (en France)

En France, la loi protège strictement les enfants. Depuis 2021, il est clairement établi qu’un enfant de moins de 15 ans ne peut jamais être considéré comme consentant à un acte sexuel avec un adulte. Il n’y a pas de consentement possible, même si l’enfant ne dit pas non ou semble d’accord. La loi parle alors automatiquement de violences sexuelles.

Dans les situations d’inceste, cette protection est renforcée jusqu’à 18 ans. L’objectif est clair : rappeler que la responsabilité incombe toujours à l’adulte, jamais à l’enfant.

Ce cadre légal est essentiel pour :

  • protéger l’enfant,
  • prévenir les violences,
  • soutenir la parole des victimes,
  • guider les adultes dans leur rôle éducatif et protecteur.

Les 5 piliers du consentement

Pour comprendre et expliquer le consentement, on s’appuie souvent sur 5 piliers fondamentaux. Ils sont valables pour les adultes, et servent de repères éducatifs pour les enfants (hors sexualité).

Un consentement libre

Le consentement doit être donné sans pression, sans peur, sans chantage. Si une personne se sent obligée de dire oui, ce n’est pas un vrai consentement.

👉 Pour un enfant : dire oui pour faire plaisir n’est pas une obligation.

Un consentement éclairé

La personne doit comprendre ce qui est proposé. Sans compréhension claire, il ne peut pas y avoir de consentement.

👉 C’est pour cela que la loi considère qu’un enfant n’a pas la maturité nécessaire pour consentir à un acte sexuel.

Un consentement spécifique

Dire oui à une chose ne veut pas dire dire oui à tout. Chaque geste, chaque situation, chaque moment nécessite un accord.

👉 Dire oui à un câlin ne veut pas dire dire oui à un bisou.

Un consentement réversible

On peut changer d’avis à tout moment. Un oui peut devenir un non, et cela doit être respecté immédiatement.

👉 Même si le jeu a commencé, même si la relation existe déjà.

Un consentement enthousiaste

Le consentement, ce n’est pas l’absence de refus, c’est un vrai oui. Un silence, une hésitation ou un malaise ne sont jamais un accord.

👉 Chez l’enfant, on apprend à repérer l’envie, le confort, le plaisir… et aussi l’inconfort.

Apprendre avec des supports adaptés

De nombreuses ressources existent pour aborder le consentement de façon ludique et simple : livre, vidéo, supports illustrés, jeux, outils pédagogiques. Ces outils permettent de respecter le rythme de chaque enfant, en prenant le temps nécessaire et en abordant le sujet par petites parties. Ces activités permettent aux enfants de comprendre le consentement à travers l’expérience, d’identifier leurs émotions, d’exprimer leurs limites et de comprendre que leur corps leur appartient.

Soyez naturel dans l’utilisation de ces supports, il ne s’agit ni d’un cours, ni d’une leçon, juste un échange autour d’un jeu, d’un coloriage, mais qui traite d’un sujet essentiel que vous n’aurez pas pris le temps d’aborder autrement.

Des jeux de société sur le consentement

Les jeux de cartes sur le consentement sont des outils ludiques qui permettent à l’enfant de comprendre cette notion dès le plus jeune âge. À travers des situations du quotidien, l’enfant apprend à reconnaître quand il est d’accord, quand il ne l’est pas, et qu’il a le droit de changer d’avis à tout moment. Ces jeux favorisent le dialogue entre enfants et adultes, renforcent la confiance et offrent un cadre sécurisant pour poser des questions sur le corps, le respect et les relations avec les autres.

Jeux de cartes et de société pour aborder le consentement

Des coloriages sur le respect de l’intimité

Les coloriages sur le respect de l’intimité permettent d’aborder le sujet de manière douce et accessible. En coloriant, l’enfant prend le temps de découvrir son corps, de différencier les parties visibles et les parties intimes, et de comprendre que certaines zones lui appartiennent. Cette activité simple favorise la discussion avec les parents ou les professionnels, tout en transmettant des messages essentiels sur le respect, les limites et la protection contre les violences.

Ils sont spécialisés sur le sujet : Les petits éclaireurs – LPE

Des cahiers d’activités pour identifier ses émotions et ses limites

Les cahiers d’activités sont des supports complets pour aider l’enfant à mettre des mots sur ses émotions, ses besoins et ses limites. Grâce à des exercices progressifs, l’enfant apprend à reconnaître ce qu’il ressent dans différentes situations, à dire oui ou non, et à exprimer ses choix. Ces outils pédagogiques renforcent l’estime de soi et donnent à l’enfant des repères clairs pour construire des relations respectueuses et équilibrées.

Coloriage et activités pédagogiques

Des podcasts sur les parties intimes

Les podcasts sur les parties intimes offrent une approche moderne et rassurante pour aborder un sujet parfois délicat. Adaptés à l’âge de l’enfant, ils utilisent un langage simple et bienveillant pour expliquer le corps, l’intimité et le consentement. Écoutés seul ou avec un adulte, ces podcasts ouvrent un espace de dialogue, permettent de répondre aux questions et participent à la prévention des violences sexuelles en donnant à l’enfant des informations claires et adaptées.

Faites confiance à l’enfant ! Il saura vous guider dans ses réflexions et ses questionnements. Et si vous craignez de lui apporter une réponse non adaptée : demandez lui toujours ce qu’il en pense lui de sa question ? Reformulez lui la question pour qu’il vous réponde. Vous serez surpris de constater que souvent ils savent déjà beaucoup de choses, et qu’ils ne nous attendent absolument pas là où on le pense.

En conclusion

Expliquer le consentement dès le plus jeune âge, c’est donner aux enfants les bases pour se protéger, respecter les autres et construire des relations équilibrées tout au long de leur vie. C’est une démarche essentielle, au cœur de l’éducation, qui répond à un véritable besoin de notre société.

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